La qualité du sommeil est un marqueur important en santé mentale. C’est ce que montre une étude française publiée dans la revue European Psychiatry. Cette étude révèle notamment que plus de 80 % des usagers hospitalisés pour troubles psychiatriques souffrent de troubles du sommeil et des rythmes biologiques.
Comment s’est déroulée cette étude ?
L’étude a porté sur les données collectées entre 2021 et 2023 auprès de 14 000 usagers pris en soin au sein du GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences, autrement dit tous les usagers adultes âgés de 18 ans et plus au moment de leur admission, ayant fait l’objet d’au moins une hospitalisation en psychiatrie à temps plein entre le 1er janvier 2021 et le 31 décembre 2023.
Les séjours ont été identifiés comme liés à des troubles du sommeil si les usagers répondaient à au moins l’un des trois critères suivants :
- Diagnostic lié à des troubles du sommeil basé sur les codes de diagnostic de la Classification internationale des maladies
- Médicaments administrés pour traiter les troubles du sommeil (hypnotiques)
- Trace écrite de termes liés au sommeil (par exemple : insomnie, cauchemars, somnolence) dans des documents médicaux de suivi.
Que nous dit cette étude ?
Les usagers qui présentent un trouble du sommeil connaissent aussi davantage d’hospitalisations, sont plus exposés à l’isolement et la contention et présentent plus de comorbidités psychiatriques, notamment dépression, trouble bipolaire, addictions... En d’autres termes : mal dormir aggraverait les troubles psychiques.
Autre constat : Près d’un usager sur deux se voit prescrire un médicament hypnotique pour favoriser le sommeil. Or, ces traitements ne suffisent pas à longs termes et comportent des risques de dépendance ou de sédation excessive.
Pourquoi cette étude est-elle importante ?
Réalisée à partir d’un nombre très important de données, cette étude bouscule les idées reçues sur le sommeil en psychiatrie. En effet, souvent relégué comme une problématique non prioritaire, le sommeil s’impose ici comme une variable décisive dans les parcours de soin en psychiatrie.
Les auteurs plaident ainsi pour une approche plus globale, combinant pharmacologie et thérapies cognitives et comportementales de l’insomnie (TCC I), efficaces et durables, même en phase aiguë.
Reconnaître le sommeil comme essentiel pour une bonne mentale pourrait réduire les rechutes et améliorer la qualité de vie des usagers de la psychiatrie.
Source : Geoffroy P.A. et al., European Psychiatry, 2025.
Pour aller plus loin :
- Institut national du sommeil et de la vigilance
- Société française de recherche et médecine du sommeil
