TCC

Les TCC, thérapies comportementales et cognitives sont des thérapies, plus ou moins brèves (leur durée dépend de chaque patient, de quelques mois à quelques années) qui se basent sur l’étude et le travail des pensées, des émotions et des comportements du patient dans le cas d’une situation difficile. Elles ont pour objectif de l’aider à faire face aux difficultés du quotidien en se proposant d’étudier avec lui la façon dont il réagit et d’établir de nouveaux comportements et pensées.

Cette fiche a été réalisée par Maud, dans le cadre de son stage de la formation « personne ressource » en santé mentale. Elle a souhaité expliciter dans un langage accessible à tous les objectifs, modalités et le déroulement de ces thérapies, qui ont joué un rôle majeur dans son processus de rétablissement.

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Les thérapies comportementales et cognitives, c’est quoi exactement ?

Prenons l’exemple d’une personne souffrant d’un trouble anxieux important. L’objectif pourrait être, pour le patient et le thérapeute, de comprendre comment se manifestent les crises d’angoisses (ou attaques de paniques), depuis les émotions et symptômes physiques ressentis, les pensées qui surviennent alors (et qui accentuent l’anxiété), jusqu’aux comportements adoptés pour y faire face.

Ensuite, ils pourront s’essayer à la mise en place de nouvelles stratégies pour faire levier sur un ou plusieurs de ces niveaux (émotions, pensées, comportements). L’objectif est d’assouplir, voire de casser le fonctionnement en cercle vicieux. Dans notre exemple, de réduire les attaques de paniques et leur impact sur le quotidien du patient.

A qui s’adressent-elles ?

Les TCC peuvent s’adresser à de nombreuses personnes confrontées à des difficultés dans leur quotidien et sont recommandées plus spécifiquement dans le cadre de :

  • Troubles anxieux :
    • Anxiété généralisée (TAG)
    • Anxiété sociale (phobie sociale)
    • Agoraphobie (avec ou sans trouble panique)
    • Trouble panique (avec ou sans agoraphobie)
    • Phobies simples et complexes (peuvent être centrées sur différents éléments comme un animal, un objet, un lieu ou une situation précise)
  • Trouble obsessionnel compulsif (TOC)
  • Troubles de l’humeur : dépression, troubles bipolaires
  • Schizophrénie
  • Difficultés rencontrées par les personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA)
  • Trouble de stress post traumatique
  • Peut être aussi utilisé dans le traitement des addictions ou encore des problèmes de sommeil.

Quelques grands principes des TCC


  • Les thérapies comportementales et cognitives se basent sur les interactions entre :
    • les pensées (les cognitions – ce que la personne se dit) ;
    • les émotions (ce que la personne ressent affectivement et physiquement) ;
    • et les comportements fonctionnels et dysfonctionnels qu’ils entrainent.


  • Dans ce travail d’étude et de modification des comportements, le patient bénéficie, en plus de l’aide de son thérapeute, de théories, d’outils et de procédures à mettre en pratique.


  • Ce sont des thérapies engageantes, elles demandent un investissement de temps et d’énergie pour le patient pendant et entre les séances (exercices à faire) qui demande une certaine motivation et un désir de changement.


  • Cette démarche est progressive, elle avance au rythme du patient et selon les objectifs qu’il souhaite atteindre.


Les idées reçues sur les TCC


Ce sont des thérapies de choc, il faut être un guerrier pour affronter l’objet de ses peurs ! Je ne peux pas m’engager dans cette thérapie, je suis beaucoup trop angoissé !

Faux

La thérapie avance au rythme du patient, le thérapeute ne va pas imposer trop vite et sans outils pour y faire face, des exercices trop difficiles.
L’alliance thérapeutique est au centre des TCC  : l’usager doit pouvoir se sentir en confiance et échanger avec son thérapeute, à tout moment.
Ce dernier apporte son aide précieuse via son regard, il propose différents outils et s’adapte sans cesse, au fil des séances : chaque rendez-vous permet de faire le point et d’ajuster les expositions.


Les TTC se concentrent sur le présent et oublient le passé

Faux

Si les expositions cherchent à cerner des situations problématiques dans le quotidien du patient, le passé n’est pas laissé de côté pour autant : il est nécessaire de revenir sur l’histoire du patient, les situations et émotions qui ont amené à développer ces pensées et comportements. Le passé fait partie bien évidemment de la thérapie et on doit y revenir aussi souvent que nécessaire. Là encore, le lien de confiance entre l’usager et son thérapeute est primordial.


Ce sont des thérapies brèves.


Vrai et faux

Les TCC ont la réputation d’être des thérapies brèves dans le temps et cela dépend évidemment de l’évolution de la thérapie et des progrès du patient. Plus le trouble rencontré sera « ancien » et donc bien ancré dans les schémas du patient, plus cela nécessitera d’y passer du temps. Le nombre de séances nécessaires peut varier d’un patient à un autre.


Les TCC c’est que de l’exposition.


Faux

Si les expositions sont un outil précieux de l’approche comportementale, celles-ci ne sont pas proposées systématiquement. Un protocole TCC doit être adapté à chaque personne et à chaque trouble. Selon les situations, l’approche cognitive ou la gestion des émotions pourront être au premier plan.


Les TCC, c’est comme une recette de cuisine. Une fois qu’on connaît la méthode, on n’a plus qu’à l’appliquer et ça marche forcément.

Faux

Les TCC n’ont pas de baguette magique, elles s’appuient sur une approche scientifique de l’anxiété ou du trouble rencontré. Chaque cas est unique, ce qui fonctionnera pour un patient ne sera peut-être pas aussi efficace pour un autre, même si le trouble est identique. Le patient et le thérapeute vont construire une thérapie « sur-mesure ». De plus, le thérapeute apporte le recul nécessaire pour entreprendre ce genre de travail, c’est quelqu’un sur lequel s’appuyer en cas de besoin (ce qu’un livre d’exercices n’apporte pas par exemple).


J’ai essayé une TCC mais ça n’a pas marché. Je ne pourrai jamais m’en sortir avec ce genre de thérapie


Faux

Quand une thérapie ne semble pas fonctionner, cela interroge sur de nombreux points comme la relation entre le patient et son thérapeute.
Est-ce que le courant semblait passer entre les deux personnes ? Est-ce que la parole du patient était suffisamment prise en compte ? Est-ce qu’il se sentait en mesure de dire ce qu’il ressentait à son thérapeute ? Est-ce que les rendez-vous n’étaient pas trop éloignés des uns des autres ? Est-ce que le patient s’impliquait réellement dans ses exercices, en dehors des séances ?
Les thérapies comportementales et cognitives sont une réelle collaboration entre le patient et le thérapeute qui demandent de l’investissement de la part de chacun. Ce n’est pas parce que ça n’a pas marché avec un thérapeute pour diverses raisons, que la thérapie comportementale et cognitive ne pourra pas aider ce patient. Il n’est pas rare, malheureusement, de devoir rencontrer différents thérapeutes avant de rencontrer le bon.

Comment se déroule la thérapie ?


L’analyse fonctionnelle ou l’étude des difficultés

Lors des premières séances, le patient et son thérapeute, s’engagent dans l’étude des difficultés et problèmes ainsi que leurs conséquences sur le ressenti de l’usager. Pour cela on passe à la loupe 3 dimensions : ses émotions, son comportement, ses pensées.

Ils se positionnent comme deux scientifiques partageant leurs expertises (le patient étant expert de son vécu), une vraie collaboration se met en place pour avancer vers le même objectif.

Cette étude est l’analyse fonctionnelle qui pourra évoluer, tout au long de la thérapie, en fonction des retours du patient. Son but est de poser clairement l’objectif à atteindre, de comprendre le fonctionnement du trouble, sa construction et surtout ce qui le maintient actif.

Pour en avoir une représentation visuelle et structurée, le thérapeute pourra utiliser des grilles schématiques (SORC, SECCA ou ASERCC).

La définition des hypothèses et les nouveaux comportements à tester

Une fois que l’analyse fonctionnelle est faite, on établit des hypothèses sur ce qui contribue à maintenir le trouble et souvent, on met en lumière des fonctionnements en « cercle vicieux ».

On va mettre à l’épreuve ces hypothèses. Pour cela, on définit et on teste des actions sur une ou plusieurs des 3 dimensions (émotions ressenties, pensées, comportements).

L’élaboration de de nouvelles stratégies

Vient ensuite la mise en place de stratégies comme le contrôle des émotions par la relaxation ou les techniques de respiration, les pensées alternatives et rassurantes qui viendront contrer l’anxiété, l’habituation progressive et contrôlée à l’angoisse.

Les mises en pratique

Se met en place un travail d’observation des émotions et cognitions mais aussi d’adaptation (qu’est ce qui se passe « réellement « si le patient redoute de monter dans le métro et qu’il commence simplement par rentrer dans la station, par exemple).

Le patient va être à même de vérifier si ses croyances se réalisent (« Si je prends le métro, je vais mourir parce que mon angoisse est trop forte » par exemple), quels sont les effets d’une modification de comportement sur l’angoisse (« Est ce que le fait de rentrer dans la station de métro fait monter mon anxiété ? » ) et d’expérimenter les nouvelles émotions comme la baisse de l’anxiété, par exemple.

Les expositions aux situations anxiogènes sont progressives. Elles se font en accord avec le patient, le thérapeute n’impose rien. Il est évident qu’on ne demandera pas au patient d’être performant à 100% dès le début des expositions, on s’améliore en pratiquant ce qui entraine une hausse de la confiance en soi et donc l’envie de poursuivre la thérapie.

Après chaque mise en pratique des exercices de la semaine, le patient et le thérapeute font le retour sur ce qui a marché ou non, sur ce que le patient a ressenti et sur l’efficacité de tel ou tel comportement ou pensée.

Petit à petit, le patient va développer de nouvelles ressources qui renforceront positivement son estime de soi. Un exercice réussi sans trop d’angoisse est la meilleure des motivations à poursuivre ses efforts.

Une séance individuelle peut durer en moyenne, entre 30 minutes et une heure, à raison d’une séance toutes les semaines ou tous les 15 jours. En groupe, la durée sera plus longue du fait d’un plus grand nombre de participants (1h30 en moyenne).

Quels sont les outils des TCC ?

De nombreux outils peuvent venir accompagner le patient dans sa thérapie, on distinguera plusieurs types d’exercices comme :

Les outils cognitifs

Ils ciblent les pensées : description et conséquences sur la vie du patient, dans son environnement familial, professionnel, social.

Le questionnement socratique et d’autres techniques cognitives participeront à l’élaboration d’hypothèses et à la mise en lumière des pensées automatiques, des erreurs de raisonnement (distorsions cognitives), des croyances personnelles, des schémas de pensée... Ceux-ci impactent l’état émotionnel du patient et guident les comportements qu’il adopte.
Le thérapeute peut proposer différentes grilles à remplir, comme les colonnes de Beck (voir ci-dessous).

Modèle des 4 colonnes de Beck

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