[Outil] NECT : Un programme pour réduire l’auto-stigmatisation des personnes vivant avec des troubles psychiques


Développé par une équipe américaine en 2012, NECT vise à réduire l’auto-stigmatisation et son impact pour les personnes vivant avec un trouble psychique. NECT (Narrative Enhancement and Cognitive Therapy) est traduit en français par Programme de Renforcement Narratif et Thérapie Cognitive de l’Auto-Stigmatisation.

Dans le cadre d’une étude de validation portée par le C3R à Grenoble, visant à mesurer l’impact du programme NECT sur la réduction de l’auto-stigmatisation, le programme sera proposé dans plusieurs centres référents de réhabilitation psychosociale.

L’autostigmatisation revient à internaliser et appliquer à soi des stéréotypes négatifs concernant les troubles psychiques. Elle est retrouvée chez 41,7% des personnes avec schizophrénie et 21,7% des personnes avec troubles bipolaires. Elle est associée à une moindre adhésion aux soins, une diminution de l’estime de soi et du pouvoir d’agir, une perte d’espoir et une diminution de la qualité de vie.

Dans cette courte vidéo, le Pr Philip Yanos revient sur la question de l’autostigmatisation



NECT est un programme groupal proposé en 12 séances de 2h hebdomadaires. Co-animé par deux intervenants, il peut accueillir un groupe de 6 personnes.

Différentes thématiques sont abordées, sous la forme de discussions, et d’exercices, en suivant pas à pas un manuel :

  • Stigmatisation, auto-stigmatisation, rétablissement ;
  • Préjugés courant relatifs aux troubles psychiques ;
  • Remise en question des croyances au sujet de soi, de la maladie, et de soi par rapport à la maladie ;
  • Divulgation ou non de son trouble ;
  • Echanges autour de son ressenti par rapport à la pathologie, à la psychiatrie et aux traitements ;
  • Construction d’un récit de soi intégrant des pensées alternatives, des forces et des réussites.

Objectifs du programme :

  • Renforcer les capacités reconnaître les préjugés négatifs concernant les troubles psychiques et à les rejeter ;
  • Modifier certaines croyances dysfonctionnelles pouvant entraver la participation sociale ou l’accès à l’emploi ;
  • Favoriser le développement d’une identité positive au-delà de la maladie et contribuer au processus de rétablissement ;
  • Pouvoir reparler de son vécu suite à une hospitalisation sous contrainte ou après avoir vécu une mise en chambre d’isolement ;
  • Renforcer le pouvoir d’agir, l’adhésion aux soins et prévenir la survenue de rechute.