Ce guide a été réalisé par Mickael Worms-Ergminger (Enseignant et chercheur, Association place des Sciences), Margot Morgiève (Chargée de recherche Inserm-Cermes3) et Nathalie Pauwels (chargée du déploiement programme Papageno, F2RSM Psy Hauts de France). Les recommandations ont été co-construites par des personnes concernées, clinicien.nes, chercheurs, réalisateur.ices, producteur.ices et auditeur.ices.
Créer des conditions vertueuses en amont
La première partie du guide s’intéresse à comment créer des conditions en amont du témoignage pour que celui-ci soit réalisé dans les meilleures conditions possibles, tant pour les personnes interviewées que pour les réalisateur.ices.
Elle invite notamment à s’assurer que la personne soit en mesure de témoigner :
- prévoir une rencontre pour cadrer le témoignage ;
- penser les répercussions que peut avoir le fait de prendre la parole ;
- penser et réfléchir son témoignage en amont en définissant également ses limites, ce qu’on souhaite dévoiler ou non, et la façon dont on souhaite le faire ;
Mais également à penser aux conditions d’utilisation du témoignage et à ce qu’elles impliquent pour les personnes interviewées :
- communiquer de manière transparente sur l’usage qui sera fait des témoignages, ainsi que sur les formats et canaux de diffusion
- penser des modalités de consentement à l’utilisation des témoignages
- proposer un droit de regard et de modification aux témoignant.es avant la diffusion
Pour garantir la sécurité émotionnelle de l’ensemble des participant.es, plusieurs points d’attention sont mentionnés dans le guide :
- créer des conditions favorables au travail en équipe
- préparer l’ensemble des intervenant.es au potentiel impact émotionnel de livrer un témoignage ou d’en recevoir
- identifier des ressources de soutien en amont du projet et les rendre accessibles facilement lors des entretiens
- définir des limites autant dans la quantité de témoignages que dans la durée de ceux-ci, pour prévenir l’épuisement
Enfin, il convient à l’équipe de réalisation de fixer une ligne éditoriale qui garantit une utilisation respectueuse des propos récoltés et de la diversité des vécus existants.
Accueillir la parole en toute sécurité
Dans la deuxième partie, le guide formalise des préconisations à l’intention des personnes qui recueillent les récits, pour offrir un cadre sécurisé aux témoignant.es :
- questionner sa posture pour éviter toute forme de jugement ou de déséquilibre dans l’échange
- prendre le temps nécessaire pour que chaque personne puisse livrer sa parole sans être brusquée
Cette partie met aussi l’accent sur l’anticipation des évènements qui pourraient survenir lors des entretiens, comme des émotions fortes. Elle recommande de réfléchir aux conduites à tenir dans ces situations, pour proposer des solutions rapidement activables en cas de besoin.
Prendre soin de la suite
Enfin, la dernière partie du guide propose des pistes pour suivre les répercussions liées à l’expression, au recueil et à la réception des témoignages, pour prendre soin de toutes les parties prenantes :
- suivre l’équipe de réalisation dans la phase de montage, pour prévenir la surcharge liée à l’écoute des témoignages
- rester en contact avec les personnes interviewées, autant pour suivre les conséquences émotionnelles d’un témoignage que pour assurer une disponibilité au suivi de leurs récits après diffusion
- adapter les formats au publics visés et réfléchir aux éventuels avertissements sur le contenus des témoignages
Il convient également de porter une attention particulière aux retours des publics et discuter des possibles réactions du public avec les personnes qui ont témoigné.
Ce guide propose des pistes pour garantir le respect et la sécurité des témoignant.es et de leurs paroles, mais il permet également de réaliser l’importance d’avoir une réflexion qui englobe toutes les personnes susceptibles de participer au processus.
